Kepler Cheuvreux et Meteo Protect s’associent pour évaluer le risque météo des entreprises cotées

  • Jean-Louis Bertrand

météo-économie

Le changement climatique accentue la variabilité naturelle du climat et les anomalies météo augmentent d’une année à l’autre. La conséquence pour les investisseurs est double : de plus en plus d’avertissements sur résultat, et une difficulté croissante pour comprendre la performance réelle des entreprises. Le rapport co-écrit par Képler Cheuvreux et Meteo Protect fournit les clés d’utilisation de la météo aux analystes et investisseurs qui refusent l’excuse météo. D’autant que les solutions de couverture existent désormais.

Les températures anormalement basses, les vents et les précipitations élevées du premier semestre 2013 à travers l’Europe rendent la comparaison de la performance des entreprises d’une année à l’autre particulièrement compliquée, notamment pour le secteur de l’énergie. L’écart entre les conditions climatiques du premier semestre 2012, globalement normales et 2013 globalement froides et humides, accentue l’écart de performance de nombreuses entreprises dans des secteurs météo-sensibles tels que les boissons, la construction ou le textile. Pour y voir clair, il faut « sortir » l’effet météo des performances 2012 et 2013 ou produire les résultats à climat constant de manière à pouvoir apprécier la performance réelle des entreprises concernées et prendre les décisions d’achat ou de vente qui s’imposent.

L’interprétation des résultats d’entreprises sensibles à la météo ne va pas s’arranger dans les années à venir. L’Organisation Météorologique Mondiale constate dans son rapport climatique 2012 que le nombre, la durée et l’intensité des anomalies augmentent et que jamais autant de records météo n’ont été enregistrés que lors de la dernière décennie. Le dernier rapport du GIEC publié en septembre 2013 laisse planer assez peu de doute sur l’augmentation de la variabilité climatique à venir.

Les rapports annuels et les communiqués de presse des entreprises cotées relaient encore très mal le rôle et le poids de la météo dans leur performance financière, alors même que la météo peut expliquer de 40% à 85% des variations de la demande dans certains secteurs d’activité et que l’impact sur le compte de résultat dépasse régulièrement celui lié aux variations de taux de change. Les investisseurs à la recherche de signes de reprise des économies européennes ont toutes les difficultés du monde à se positionner. Ils manquent cruellement d’information, dans le rapport annuel ou dans les communiqués de presse. Quand les entreprises invoquent la météo, c’est le plus souvent pour justifier des résultats moins bons que prévus, sans fournir de détail précis sur ce que la météo a réellement coûté aux actionnaires. Dans un contexte d’augmentation de la volatilité climatique et donc d’un risque accru que les résultats des entreprises soient différents des attentes, les investisseurs ont besoin d’une nouvelle grille de lecture, d’une notation climatique qui les aide à arbitrer entre les entreprises en fonction du risque perçu.

Kepler Cheuvreux et Meteo Protect ont construit une méthodologie qui permet d’attribuer une notation climatique aux entreprises dont l’activité est affectée par les aléas de la météo, qu’il s’agisse des ventes, des coûts de production ou des deux. Pour chaque entreprise, la notation prend en compte le degré d’exposition au risque météo du secteur dans lequel elle évolue, la météo-sensibilité de ses produits et la vulnérabilité historique au risque météo, la répartition géographique de l’activité, l’existence d’une politique d’identification et de mitigation ou de couverture du risque météo, et la qualité du reporting financier. En appliquant cette méthodologie, des entreprises comme Verbund, Carlsberg, Lindt, Gerry Weber ou encore Nokian apparaissent parmi les plus exposées aux anomalies de la météo dans leur secteur respectif.

Le rapport montre en outre que la diversification géographique a ses limites (voir article du 12 novembre sur ce blog). Il décrit les moyens dont disposent les entreprises pour augmenter leur résilience à la variabilité climatique, en termes de gestion opérationnelle et en termes de gestion financière, c’est-à-dire dérivés climatiques ou assurance météo. A ce titre, Gabriel Gross, président de Meteo Protect, note que 2013 est marquée par l’utilisation croissante des couvertures financières climatiques dans les secteurs autres que l’énergie et l’agriculture, tels que ceux de la vente au détail spécialisée, des biens de consommation courante et de l’agro-alimentaire.

La démarche de Képler Cheuvreux et Meteo Protect ouvre de nouvelles perspectives aux investisseurs institutionnel en offrant la possibilité de mieux intégrer l’impact du climat sur la rentabilité financière des sociétés cotées. Les prévisions de résultat à climat moyen et l’utilisation de scénarios météo sont appelées à se généraliser. Les entreprises qui ne joueraient pas le jeu s’exposent à une sanction du marché.

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    Nick Brown
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    This is a press release with zero scientific content, other than mentioning the existence of climate change.  It advertises financial risk management services.  The author is an employee of Meteo Protect. This conflict of interest ought to be declared explicitly.

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